Le vaka, la pirogue aux Marquises

Added 21/11/2008

La Polynésie et la pirogue, c'est une histoire d'amour. Un peuple qui est arrivé sur les îles par l'océan dans des pirogues doubles en acceptant tous les risques et un grand pourcentage de mortalité ne peut oublier cette embarcation primordiale dans son histoire.

La pirogue est associée aux actes de guerre, aux migrations, à la pêche et actuellement au sport, à la compétition. Régulièrement, des nostalgiques reconstruisent des pirogues traditionnelles sur le modèle des anciens. Ils  respectent  souvent les règles employées par les «  tupuna », c'est-à-dire qu'ils emploient les matériaux de l’île comme le cocotier .

En ce qui concerne la compétition, le problème est différent.On utilise du matériel moderne, rapide et léger. La Polynésie est très bien placée au niveau mondial ; elle possède même les champions du monde dans pas mal de catégories.

UN V6 (pirogue à 6 places, catégorie vedette en Polynésie)

La vie en vase clos dans ces petits paradis prive les jeunes des distractions habituelles de leur âge. Pas de cinéma, pas de bistrot et peu d'endroit où ils peuvent vivre les loisirs modernes. Alors le sport prend une importance particulière (et c'est une bonne chose) ; le football très apprécié rassemble beaucoup de jeunes, quant à la pirogue elle incarne complètement les fantasmes des hommes de la mer. Il y a beaucoup de pratiquants et lorsqu'une grande compétition a lieu, toute la population vit en suivant les péripéties des étapes.

Notre ami Rasta, déjà cité sur le blog pour ses compétences en Haka, est un champion du vaka (la pirogue en marquisien). Chaque soir, il vient s'entraîner au large de Hakahau traînant derrière son vaka, une ligne qui lui permet de rapporter de jolies carangues (10kg son record). La pirogue est un sport exigeant qui demande une forme parfaite pour pouvoir résister aux heures de fatigue. Elle demande aussi une très bonne technique pour utiliser la force de la mer. Sur l'une des photos, on voit Rasta surfer avec maîtrise, sur une vague et ainsi se déplacer rapidement  en économisant ses forces.

 

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Haka et chants marquisiens

Added 18/10/2008

Dos à la mer, Rasta réalise un haka fabuleux qui sera la conclusion du film sur les Marquises. A  4heures trente du matin, il a célébré la prière chrétienne avec sa grande famille dans sa maison et le soir il loue Tanaoa le dieu des tribus marquisiennes. Une vie mystique bien remplie...

Les "kaioi" sont toujours partant...

 

 

 

Les ouvriers au travail...fin du film...bientôt les vacances!

 

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Maraîcher marquisien : Rasta

Added 23/9/2008

Rasta est un maraîcher de la brousse. Son immense jardin (faa pù) est situé dans le haut de la vallée de Hakamoui. Il a tout d'abord débroussé un terrain envahi d'acacias. Le travail s'est fait à la main, il a fallu déraciner et brûler… un travail interminable ! Mais on est tout de suite frappé par la qualité de la terre : légère et bien noire.

Ce qui frappe quand on arrive dans son faa pù, c'est l'absence des outils habituels du jardinier : pas de pelle, pas de bêche, pas de râteau. Le seul outil c’est la barre à mine, pointue d'un côté et plate de l'autre pour retourner la terre. Aucun engin motorisé n'est utilisé. On fait avec les moyens locaux ; le courage étant l'outil principal. L'eau est captée dans la vallée voisine, un robinet perceur ayant été installé sur une conduite en amont, les salades sont en bonne santé.

Rasta me signale que son père a nourri sa famille de la même façon et il y avait 14 enfants !

Ici, il ne faut pas compter les heures et ne pas se décourager car les poules et les coqs sauvages sont nombreux et détruisent bon nombre de concombres, tomates et autres légumes. Bien sûr il y a le piège à noix de coco qui normalement se referme sur les volatiles mais ceux-ci ont appris à le déjouer et notre jardinier est désolé de voir régulièrement son travail altéré.

On trouve toutes sortes de légumes, de la salade aux tomates en passant par les concombres, choux et les incroyables « radis »… car c'est bien la première fois que je vois ces légumes aux Marquises. Mais là aussi j'ai été abasourdi en voyant qu’ils  étaient semés dans des caisses puis repiqués… Une pratique tout à fait originale quand on sait que ces légumes poussent facilement en pleine terre ; mais ici, il y a les « moa » ! (coqs)

Rasta est un marquisien de la nouvelle génération ; champion de pirogue, il rejoint son faa pù avec une moto de trial, le walkman sur les oreilles, les lunettes de soleil dernier cri… et une joie de vivre qui met  de bonne humeur.

En remontant vers la piste, nous passons à côté de son « hae » (maison) ; on va plutôt dire son toit. Ici, le ciment coûte très cher car il faut le faire venir par la goélette. Alors les constructions avancent à petits pas. Mais avec un peu d'imagination, on entend l'eau couler dans la future salle de bain, on imagine ce que sera la cuisine et la chambre à coucher, car aux marquises, les rêves sont les amis quotidiens des individus et même si les mots n'ont pas toujours le pouvoir de bien expliquer les projets, les gestes les remplacent efficacement.

 

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