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La guerre et la paix aux Marquises

La guerre et la paix aux Marquises

Added 20/11/2008

Un "kaioi"

Chez les anciens marquisiens, la guerre était une distraction et tous les prétextes étaient bons pour la déclencher. Ce n'était pas le chef de la tribu qui dirigeait les opérations mais un chef de guerre, ayant les qualités pour combattre. Une véritable stratégie réglait toutes les opérations : préparation des pirogues, entretien du matériel, construction de fortifications. Les combattants n'avaient pas le droit de rencontrer les femmes, ils étaient souvent recrutés parmi les « kaioi » (animateurs danseurs). Il fallait absolument être tatoué pour inspirer la terreur à l'adversaire. Le guerrier était orné de plumes, d'un bandeau, de plaques blanches sur les oreilles etc… À la ceinture étaient accrochés les crânes de ses dernières victimes garnis de petits cailloux. L'arme favorite était le casse-tête long de 1m50.

Il y avait aussi des lances, des frondes et des épieux en bois de fer. Leur armement servait à attaquer; la seule défense c'était la fuite qui n'était pas considérée comme une lâcheté.

La guerre avait lieu pour se procurer quelques victimes destinées aux cérémonies ou par vengeance.

Tant qu'une vengeance personnelle n'était pas assouvie, l'intéressé se rasait un côté de la tête et rassemblait les cheveux du côté opposé en une mèche qui passait à travers une bague d’os humain. Le plus souvent, les vengeances personnelles se réalisaient par un raid où l'on faisait prisonniers, des femmes et des enfants que l'on immolait au « meae » et que l'on mangeait après avoir montré une très grande cruauté...

Les batailles avaient toujours lieu de jour, car on craignait les « vehine hae » (fantômes) qui courent la nuit. Le casse-tête était une arme redoutable presque toujours mortelle.

La guerre se vivait comme un film jour après jour avec des conteurs qui chaque soir racontaient les événements.

Lorsqu'une tribu désirait la trêve elle envoyait des émissaires pour amorcer les négociations.

À l'occasion de funérailles ou simplement pour se reposer, on demandait la trêve en brandissant une branche de cocotier. Quand on désirait la paix, on envoyait un porteur qui du haut d'une colline agitait un «hu’umana » (branche de cocotier ou  de palmier). Les deux chefs ennemis se rencontraient, et s’offraient des présents ( tortues et  victime humaine…). La victime immolée était le plus souvent une jeune femme. Parée et huilée, la pauvre était brûlée vive au bord de la mer(heaka vai titi) pendant que l'on chantait l’hymne de la paix.

Les tribus étaient alors unies comme les doigts la main. On échangeait même des enfants et des noms.

En cas de défaite d'une des tribus, le parti vaincu au cours du combat procédait à une cérémonie d'envoûtement. On mêlait le sang de ses guerriers tués à un peu de terre et on allait délayer le mélange dans l'un des ruisseaux où la tribu qui avait triomphé  prenait son eau afin qu'elle soit battue au prochain combat.

 

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