Nuit au cimetière
4/11/2009

En Europe, personne n'irait se promener la nuit dans un cimetière...une crainte stupide, qui remonte à la nuit des temps, fait que nos chers disparus passent pour des entités dangereuses...
D'ailleurs, les cierges, autrefois disposés autour du corps du défunt, représentaient le feu...barrière protectrice destinée à empêcher l'évasion de l'esprit ...
Aux Marquises, pour la Toussaint, toute la population se retrouve dans le cimetière dès la nuit tombée. Les enfants équipés de bougies préparent une illumination du plus bel effet.
Il faut dire que le culte de la mort est d'une grande simplicité ici. Après le décès, on est enterré rapidement (quelques heures après la mort) dans un cercueil fabriqué dans le village (du contreplaqué habillé d'un drap)

Avec une voix caverneuse, le chef de prière énonce la liste des disparus de l'année écoulée.


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tradition
Perdu sans ses outils...
3/11/2009

Faire la fête...c'est une vieille habitude aux Marquises. Autrefois, dans les tribus, chaque jour était coloré des plaisirs de la vie légère...rien n'a changé

Les danseuses de Ua Pou, qui sont les reines du charme et de l'expression, apportent régulièrement leur contribution...tout est là pour que la fête soit royale...tout?
La prière passée (on ne plaisante pas avec les médicaments spirituels...), le repas en musique peut commencer. Ce soir, nous avons un invité qui vient de très loin; Mareck est Tchécoslovaque et il découvre les Marquises.

Le veau grillé, Mareck, c'est délicieux...que t'arrive-t-il ?
"Il n'y a pas de couteau pour manger?
-et alors..., pas nécessaire...la viande est cuite!
-really !!! pas de couteau?
-c'est courant ici..."

"Comment peut-on manger ça?
-avec tes doigts et tes dents
- !!!...!!! (réponse du tchèque)"

"my god!!!"
"Et maintenant, j'ai les mains grasses!"

"et la nappe...
-oh non!
-si! "

Les trois mousquetaires en sont baba..."ils ne savent même pas manger en Tchécoslavaquie? ..."
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tourisme
Paroles de femme
13/10/2009

Ce dimanche, par hasard, j’ai rencontré Tahiatauani et nous avons échangé quelques mots. Venant de Tahuata, une petite île des Marquises, elle a un regard très « tahuatien » sur les règles de vie aux Marquises.
Tahiatauani …c’est la « maîtresse du ciel », un prénom détenu par sa famille et donc interdit à tout autre Marquisienne. Autrefois, le « vol d’un prénom » pouvait conduire au crime…
Actuellement la règle est toujours très respectée mais les sanctions sont différentes : « si quelqu’un vole le prénom de la famille…alors on le donne à tous les animaux de la maison…chiens, chats, cochons…c’est la honte ! »
« A Tahuata, les règles sont très strictes ; un « blanc » a du mal à s’intégrer…surtout que dans le passé, les navigateurs ont fait des choses terribles là -bas et …ça a laissé des traces. »

Avant, aux Marquises, les jeunes vivaient leur sexualité librement et activement. La pudeur n’était pas un problème et les corps étaient souvent nus et parfumés…puis…la religion est passée par là …
Elle a enseigné la morale et montré le « péché » (une vision coincée de l’erreur…)
Maintenant, plus de seins nus, plus d’amoureux enlacés, plus de baisers en public…
Mais la nature reste et les couples se forment, jeunes, très jeunes…et des enfants naissent accidentellement sans avoir fait partie d’un « projet de vie »…ici, on appelle ça « les diplômes-bébés ». Que dit la morale ? …elle ferme les yeux et utilise le silence coupable…
Tahiatauani me précise que beaucoup de mariages sont « arrangés » par la famille mais que bon nombre de promises ont décampé avant la « consommation ».
Tahiatauani, qui a beaucoup de temps de loisir, pratique la pêche avec ses amies et la chasse à la chèvre.
« Pour la chasse, c’est difficile…je n’ai pas demandé l’autorisation à mon mari et c’est sur son terrain que je chasse… les chèvres sont difficiles à approcher… »
« Il faut savoir qu’aux Marquises, les esprits de la brousse font respecter les règles et écartent le gibier si le chasseur a oublié ses devoirs… »

De la même façon, la cueillette des fruits est soumise à l’autorisation du propriétaire conjoint sous peine de malédiction et d’ennuis sérieux…(maladie, déprime…)

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Les femmes d'ici
Les tikis méditent
7/10/2009

Cette colonne figure parmi les représentations traditionnelles de la pirogue marquisienne. Certains pétroglyphes, très classiques aux Marquises, ressemblent à une croix funeste, triste souvenir d'une période à ne pas oublier...
Elle fut le cancer de l'Europe, le cancer du monde...ici , ces signes n'évoquent rien de pareil...des graphiques que les anciens utilisaient pour montrer le corps décomposé après la mort; la tête absente étant partie dans un lieu tapu .

Brel disait que les marquisiens regardent la mort comme on regarde un fruit; génie visionnaire, il sut, en quelques mots dire l'essentiel sur un fatalisme qui accompagne les habitants de l'archipel. Tuhatete me disait, il y a peu: "mon frère est mort jeune, d'un cancer; mon père aussi , mes cousins aussi...on meurt tous de cancer ..."
Avec un rien de nostalgie, il ajoutait: "mon père ne buvait pas, il fumait...son tabac, le produit de sa culture ; c'est ma mère qui tressait la fibre de coco pour attacher les bouquets de feuilles que l'on faisait sécher...c'était un bon tabac.."
La visite de n'importe quel cimetière montre que l'on meurt jeune aux Marquises. La nourriture, la boisson, le tabac, la sédentarité et le soleil...(qui d'ailleurs m'a envoyé un crabe dont j'espère m'être débarassé...).

Si la mort est une triste fin...comment ne pas sourire en entendant mon ami Ben Teikitutoua dire: "le cannibalisme, ce n'était pas la consommation de la viande humaine, mais l'absorption de l'esprit, du mana (la magie) du sacrifié...
Ainsi, à travers les mangeurs, il continuait à évoluer, à exister...le Christ promet bien la vie éternelle à ceux qui mangeront son corps en mémoire de lui..."

Quel beau symbole que ce "hae poa" décharné sur le front de mer de Taiohae avec en fond, la tombe de Temoana le chef et Vaekehu la sanguinaire cheffesse devenue chrétienne évangélisatrice...

Le mystère est dans le silence...et même si un de mes amis, provocateur s'il en est, m'affirmait: "des cailloux et du bois...que des cailloux!" on lui répondra, en regardant sa belle aux cheveux d'or:"des poils qui ne serviront même pas à confectionner un paréo..."
La vie et la mort scintillent de toutes nos fantaisies et si le souffle des esprits qui rôdent est bien la respiration de nos délires...souhaitons qu'il nous reste du temps pour rêver et pour trembler...

Un visage qui nous dit que les visiteurs laissent toujours des souvenirs dans l'esprit du sculpteur...(rapa nui...)
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Le discours des tikis
Tsunami aux Marquises, des impressions sur le vif...
30/9/2009
Depuis ce matin vers 10 heures, c'est à dire 2h30 après un séisme qui a tué aux Samoa, la Polynésie regarde l'océan comme on craint un danger...
2h30...c'est énorme à une époque où les communications avec la lune sont possibles...et comble...le réseau téléphonique, saturé ne fonctionne plus! la télévision est coupée...

L'Aranui, goélette nourricière est dans la baie de Taiohae, loin du quai, alors que nous attendons "la cinquième vague"

Les agents de sécurité ont des difficultés pour convaincre les passants qui traînent sur le bord de mer et refusent de quitter la zone dangereuse...
On constate à quel point tout est vulnérable et inadapté ici : une seule sirène qui a prévenu une seule fois...
Un individu s'attarde sur le quai et répond à la question:" mais que fais-tu là ?
-j'attends le tsunami!..."
La vague semble beaucoup moins forte que prévu...mais gare à la vraie méchante qui un jour viendra...
A l'instant, au moment où j'écris ces mots, la sirène reprend...une vague? on verra!

Dernière nouvelle, le cabanon où nous avons passé un dimanche "taipi" dans la vallée de Houmi (voir les deux derniers articles)...a été emporté par le tsunami....ça reste drôle...!!!

Aujourd'hui,nous étions de l'autre côté de l'île!!
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